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situation des femmes en sciences et gÉnie

Quelques éléments significatifs du peu d'intérêt des femmes pour certains domaines scientifiques

Plusieurs études ont été menées sur le sujet, surtout aux États-Unis, au cours des vingt dernières années. Deux des problèmes de cette littérature sont qu'elle n'est pas toujours transférable d'une communauté à l'autre et qu'elle vieillit très vite, puisque les différences d'une génération de femmes à l'autre sont très importantes. À l'origine de ces écarts, il y a bien sûr les mouvements d'émancipation des femmes qui ont cours depuis plusieurs décennies; ces mouvements ont largement contribué à changer les moeurs et les lois et à rendre de plus en plus égalitaire la société québécoise. La surdétermination des rôles sexuels, c'est-à-dire les filles dans les métiers reliés aux tâches maternelles (soigner, nourrir, éduquer, etc.) et les hommes pour le reste, a été battue en brèche. Les possibilités de carrières se sont alors multipliées pour les femmes. Plus rien n'est impossible. Si les voies ne sont pas toujours faciles, aucune n'est maintenant interdite d'accès.

Au nombre des théories périmées sur la faible présence des femmes en sciences, il y a, par exemple, celle voulant que les femmes n'aient pas les habiletés nécessaires pour faire des sciences. Comme nous l'avons précédemment mentionné, au Québec, les filles réussissent aussi bien que les garçons en mathématiques et en sciences au secondaire4 et elles sont maintenant aussi nombreuses que les hommes à s'inscrire en sciences de la nature au niveau collégial5.

Quelle explication pouvons-nous alors donner à cette différence d'intérêt entre les femmes et les hommes pour certaines disciplines des sciences? Parmi les facteurs pouvant jouer, on retrouve :

  • Le contenu et la pédagogie des cours de sciences physiques à tous les niveaux scolaires.

    La pédagogie des cours de sciences ne tient pas compte d'une particularité des filles, celui d'un besoin plus grand d'ancrage des concepts dans le quotidien. Les exemples utilisés ne sont presque jamais tirés de la vie courante. Les sciences physiques leur semblent ainsi sans rapport avec la réalité, sans utilité sociale6. On omet d'expliquer d'où viennent les sciences, à quoi elles mènent. On peut supposer que si les filles choisissent en majorité les sciences de la vie (biologie, écologie), c'est justement à cause de leur étroit rapport avec la réalité, dans ce cas-ci le vivant.
  • Une mauvaise connaissance de certains domaines scientifiques et technologiques, tels que l'informatique et l'ingénierie.

    On entend continuellement dire que les sciences sont porteuses de l'avenir, que les emplois dans ces domaines sont en croissance, mais on nous informe rarement sur la nature de ces carrières. Nous n'avons à peu près pas de modèle célèbre, hormis l'astronaute Julie Payette (métier réservé à peu d'élues), ni de personnage à la télévision (le média par excellence) qui pourrait nous faire découvrir ce qu'il en est. Une connaissance plus juste de ces professions mettrait fin aux mythes associés aux sciences : travail solitaire et déconnecté de la réalité, professions seulement réservées aux « bollés », et les rendraient peut-être plus attrayantes. Cette mauvaise connaissance est des plus nuisibles chez les femmes car nous savons qu'un des facteurs importants dans le choix de carrière en sciences des filles est la présence dans leur entourage de personnes oeuvrant dans ces domaines, de modèles, que ce soit un père ou une mère, un oncle ou une tante, une frère ou une soeur, etc. (car les filles, contrairement aux garçons, s'identifient à un sexe ou à l'autre). Ces modèles, souvent sans le savoir, leur apportent une connaissance de ces carrières en sciences et en ingénierie, qui, du coup, élargit leur éventail de choix de carrières. Cette situation laisse supposer que les filles s'engageraient moins que les garçons dans des professions qu'elles ne connaissent pas.

  • L'attitude des parents, des conseillères et conseillers en orientation, des professeures et professeurs de sciences, et de la société en général.

    Souvent ces acteurs considéreraient moins les habiletés en sciences des filles que des garçons. Pour eux, de façon consciente ou inconsciente, les professions en sciences sont plus une « affaire de garçons ». Sans aller jusqu'à décourager les filles, ces acteurs ne mettraient pas autant d'efforts à encourager les filles que les garçons à s'orienter vers les sciences.

Nous ignorons dans quelle mesure chacun de ces facteurs influencent le choix des filles. Probablement que d'autres éléments que ceux mentionnés ici devraient être pris en compte. Aucune étude n'a encore éclairci cette question de façon satisfaisante. C'est une histoire à suivre...

4   Ministère de l'Éducation, loc. cit.
5   Direction de l'enseignement collégial. Données du Système CHESCO, MEQ.
6   Conseil de la science et de la techonologie, « La participation des femmes en sciences et technologie au      Québec », Québec, 1986, p. 51 et Ingrid Carlander, « Le sexe des sciences », Le Monde diplomatique, juin 1997, p. 18-19.

* Le genre féminin est utilisé, sans discrimination, uniquement pour alléger le texte.

 

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